Quand je l'ai rencontrée, elle était maître praticienne Reiki.
Elle aidait les autres.
Elle écoutait.
Elle accompagnait.
Mais lorsqu'il s'agissait d'elle-même, elle n'avait plus d'énergie.
Son corps semblait arrêté.
La fibromyalgie occupait toute la place.
Elle vivait aussi dans un environnement relationnel qui l'épuisait profondément.
Elle savait qu'elle devait partir.
Elle savait qu'elle devait reprendre sa vie en main.
Elle savait déjà quoi faire.
Mais entre savoir et pouvoir agir, il existe parfois un gouffre.
Et ce gouffre porte souvent un nom :
le mode survie.
Contrairement à ce que beaucoup imaginent, nous n'avons presque pas travaillé sur son couple.
Nous n'avons presque pas travaillé sur sa maladie.
Nous avons travaillé sur son système nerveux.
Sur cette partie du cerveau qui restait persuadée que le danger était toujours présent.
Le but n'était pas de comprendre encore plus pourquoi elle allait mal.
Le but était de redonner au corps assez de sécurité pour qu'il puisse recommencer à bouger.
Chaque jour, nous avons envoyé de petits signaux de sécurité.
Des exercices simples.
Des routines.
Des reformulations.
Des réassurances quotidiennes.
Nous avons arrêté de lui demander de changer sa vie d'un seul coup.
Nous avons simplement demandé à son cerveau de comprendre qu'il pouvait commencer à souffler.
Quand le système nerveux se sent un peu plus en sécurité, le corps peut recommencer à produire de l'énergie pour vivre.
Petit à petit, quelque chose a changé.
Son corps s'est remis en mouvement.
Elle recommençait à marcher davantage.
À sortir.
À reprendre des décisions simples.
À refaire confiance à ses sensations.
Ce n'était pas spectaculaire.
C'était progressif.
Et c'est précisément cette progression qui a permis au système nerveux de retrouver davantage de sécurité.
Quand un cerveau sort progressivement du mode survie, il recommence à produire de l'énergie pour vivre plutôt que pour survivre.
Le corps suit.
La motivation revient.
Les idées deviennent plus claires.
Les décisions deviennent possibles.
Et un jour, sans forcer, elle a trouvé la force de partir.
Pas parce qu'on lui avait expliqué cent fois que sa relation était toxique.
Mais parce que son système nerveux avait retrouvé suffisamment de stabilité pour passer à l'action.
Voilà pourquoi je crois profondément qu'avant de vouloir changer toute une vie, il faut souvent remettre le corps en mouvement.
Pas avec violence.
Pas avec performance.
Pas en forçant encore plus un système déjà épuisé.
Mais avec douceur.
Un pas.
Puis un autre.
Le mouvement recrée de la confiance.
La confiance recrée de la sécurité.
Et la sécurité permet enfin au cerveau de sortir progressivement du mode survie.
Commencez par comprendre ce qui se passe dans votre cerveau et votre système nerveux.
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Arrête de tenir.
Commence à vivre.